« Double Anges », 2025-2026
Tôle d'acier
Dim. L 2 x 200 cm
H 70 cm
l 100 cm
épaisseur 20 cm
Réalisation par les élèves de l'atelier de chaudronnerie
Lycée Professionnel de Coudekerque-Branche.
Souscriptions 20 parts...
***Mes projets et travaux de recherches depuis 2 à 3 ans concernent des expérimentations et la découverte d’autres formes de vocabulaires en travaillant avec du modelage, de la céramique ainsi que des dessins et des écrits sous formes de poésie, d’éditions, de multiples.
Tout en gardant le lien principal avec l’enfermement social, thème avec lequel je travaille depuis une trentaine d’années.
Suite à un stage d’un an dans l’atelier de Vincent Barré à l’Ensba à Paris en 2001/2002. J’ai pris la décision de faire une rupture de mes travaux de la peinture vers la sculpture.
Actuellement, je développe les thèmes de l’Androgyne, l’Hermaphrodite, la Vénus, l’Erotisme, la déformation, le Handicap.
Pourquoi ces formes ?
Je pense que ces sujets souvent ont dérangé la normalité imposée par la société.
Ce qui m’intéresse en créant ces formes qui sont en lien avec l’enfermement, le cloisonnement, la sensualité, la maternité qui enveloppe, qui porte un être humain pendant neuf mois, cette dualité femelle/mâle, l’anormalité…l’opposition métaphorique aux sociétés qui tentent d’amener les civilisations souvent vers la perfection, le beau.
Les formes que je créé sont inspirées des images de légumes, de phallus, de la vulve,( Vénus de Charigny vers 2900 Av- JC), des seins (Jeanclos, Fontaine, place de Bataille de Stalingrad à Paris, est dédiée à Artémis d’Ephèse, la déesse aux 1000 seins).
J’ai également réalisé des têtes en céramiques montées sur des bâtons en bois peints exprimant la souffrance et la folie…série de Marotte de la Mère folle : bâton que l’on donnait aux fous pour se défendre au Moyen Âge (1630)
Des formes de têtes sont également réalisées en céramiques et installées sur des murs en mosaïque (travail In situ). Inspirées de la sculpture à Cimabuë que j’avais réalisé en 2002 en terre cuite en hommage à un tableau de Cimabüe « La Maesta ou la vierge et l’enfant » vers 1280 que j’ai découverts lors d’une visite au Louvre à Paris.
Ces croissants/têtes abstraites ressemblent aux auréoles des Anges qui entourent le sujet principal.
Concernant la sculpture « Double Anges », celle-ci a été inspirée par les formes dessinées par des courbes ondulées représentant des têtes vis-à-vis du texte qui suit ci-dessous.
Pourquoi ces formes de têtes ?
Je créé ces formes afin de suggérer une critique et un hommage aux personnes âgées, aux handicapés psychiques, aux exclus, des indésirables qui sont enfermés, qui vivent cloisonnés derrière ces fenêtres, ces murs de ces institutions tels : hôpitaux psychiatriques, foyers hébergements, maisons de retraite…
Ces figures de têtes sont des appels, des cris, des hurlements, des souffrances de ces êtres humains qui aimeraient sortir de ces établissements. On pourrait alors faire un lien au niveau thérapie avec la céphalée de tension d'intensité légère à modérée, décrites comme une sensation d'étau autour de la tête ou des douleurs ou bien de l’aphasie auditive qui empêche d’entendre des voix d’intérieures…cette voix peut déborder en schizophrénie ou en hallucination auditive.
Dans mes travaux antécédents, les titres du double passage ( terre cuite en 2010, en bronze en 2014) nous introduisent vers ma double formation, artiste/éducateur, double culture, Laos/France, double de la personnalité de certains patients Schizophrène avec lesquels j’ai travaillé pendant une trentaine d’année dans médico-social, sources qui m’ont inspirées et qui sont indissociables dans ma démarche artistique.
Des lectures m’ont également inspiré dans ma création issue de l’art, le social et l’antipsychiatrie tels : Joseph Beuys, Vincent Barré, Georges Jeanclos, Richard Deacon, Erasme, Antonin Artaud, David Cooper, Jean Oury, Franco Basaglia, Michel Foucault, Félix Guattari, Gilles Deleuze…
Au début de mon parcours artistique vers 1994, afin de dénoncer et critiquer le système d’enferment dans les pays occidentaux d’une manière métaphorique. J’utilisais en tant que peinture ou médium des solutions médicamenteuses essentiellement des psychotropes, récupérées dans les pharmacies que je mélangeais avec de l’eau. Ensuite une incrustation d’un établissement d’enfermement était dessinée sur ces toiles.
Thanouvone Thihack Baldine
Wavrin, le 05 Décembre 2025


